SÉRIE MTL-BOSTON 2009
MTL (0) BOS (0)
Finalement, ça été jeudi dernier, le match de l’année.
On m’avait amené à l’Appartement, bar à la faune de jeunes professionnels pimentée de 2-3 «el’Gros» un peu pas mal trop «habillée» pour moi surtout un soir de Bruins. Mais au sous-sol, comme pour baver mon préjugé, il y avait des tonnes de sofas, et, mur à mur des écrans géants pleins de RDS. Du coup, le but de Kovalev m’a paru parfaitement agencé à mon cosmo.
À ma gauche, Mathilde, Française ET absolument sympathique se lance : «Putain de saison de merde, hen ? Et là, si vous perdez, c’est fini, là, non ?
- Ben, non, il faut perdre, mais en prolongation.
- Pour gagner, il faut perdre ?
- Non. Ben, heu oui, mais non, mais, heu, oui, mais aussi on peut juste perdre et gagner, mais ça dépend alors que si on perd mais en prolongation, ce n’est pas comme perdre…»
Ça aurait pris un autre cosmo. Fort. Qui matche avec les buts de Kovalev.
Une heure plus tard, j’avais gagné mon pari : on avait perdu…mais pas trop. J’ai perdu une virginité hockey : j’ai célébré, au Perrier, la première nulle de ma vie.
Ni victoire, ni défaite, seulement un point arraché (avec quelques têtes aussi, au passage) à l’impossible. Un point qui ouvre la porte à la vraie saison. Perdre de la plus belle des façons, sauver les meubles et tourner enfin la page sur cette affreuse saison. Un point par nulle pour mettre un point final à une saison bien plus nulle, quoi.
Quand même, jeudi, j’ai fêté debout sur mon banc, la raison foutant le camp, le plus beau 4 à 4 du monde.
+++
En ski, le but c’est de descendre la pente jusqu’au bas, de prendre le télésiège, de remonter et de recommencer jusqu’à ce que l’envie d’un chocolat chaud vous fasse entrer dans le chalet. Au hockey, le but c’est de mettre le chose noir dans le filet adverse plus souvent que les bonhommes avec le chandail de l’autre couleur. Prétendre que l’essentiel au hockey n’est pas de gagner mais de participer est un raisonnement faible, pour ne pas dire un mensonge.
N’empêche, jeudi dernier, quand le 4 à 4 est devenu 5 à 4 Boston, j’ai combattu l’amertume en me disant que le jour où j’aurais à inculquer 2-3 notions de bases en esprit sportif à Miller Junior, je pourrais toujours me souvenir de ce match-là.
«Tu sais, Chaton, perdre, c’est plate en astifi c’est pas grave… Une fois, le Canadien, après une saison de misère, ils avaient perdu contre les maudits Bruins on les haï-tu, hen les maudits Bruins et, malgré la défaite, ils avaient accédé aux séries. Puis, ils s’étaient fait sortir en 4 comme de vulgaires carpettes ils ont fait de leur mieux et on a tous eu beaucoup de plaisir…»
Non, Chaton, non, ce n’est pas bien non plus d’arracher la tête des défenseurs, non plus, tu as raison.
Le hockey pour les filles n’aurait pas mis un vert sur la participation aux séries mais comme on était avec une Française qui pensait encore moins en nos chances, on ne pouvait pas teeeeeeeellement l’avouer à voix haute, hen ?